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"Etes-vous dyslexique vous-même?"
Non, mais j’ai ceci en commun avec la plupart des dyslexiques : je suis très visuelle.
Je n’en étais pas très consciente avant de faire la formation Davis, mais maintenant,
non seulement j’en suis consciente, mais ma mémoire visuelle s’est accrue énormément.
La mémoire visuelle peut être encouragée et développée chez la plupart des gens et c’est
ce que nous faisons avec le client dyslexique lors d’un programme. Souvent les clients, en
particulier les adultes, ne sont même pas conscients de ce « don ».
"Depuis quand vous intéressez-vous à la dyslexie?"
Il y a quelques années, dans le cadre de mon bénévolat auprès de la Croix Rouge Genevoise,
j’étais répétitrice pour une dizaine d’enfants dans deux familles de réfugiés. Deux de mes
élèves ne semblaient jamais pouvoir retenir ce qu’on avait fait la veille malgré une bonne
volonté évidente. Je ne comprenais pas pourquoi j’avais tant de succès auprès de mes autres
élèves mais si peu avec eux. Je me demandais si c’était moi qui m’y prenais mal, si j’en
demandais trop (ils n’avaient que 6 et 8 ans), s’ils n’étaient peut-être pas très
intelligents, ou s’ils faisaient exprès pour que je m’occupe plus d’eux. Autrement dit,
je raisonnais comme le font beaucoup de parents et de professeurs face à un enfant
dyslexique. Quand l’aîné a finalement été diagnostiqué comme dyslexique, c’est en me
renseignant à ce sujet que j’ai pris connaissance de la méthode Davis. La méthode m’a paru
si plausible que je me suis inscrite pour la formation de facilitatrice. Lors de cette
formation et grâce à ma propre expérience antérieure dans l’enseignement du français et des
maths (voir Je me présente), j’ai pu me rendre
compte du bien fondé de cette méthode.
"En quoi la méthode Davis se distingue-t-elle d’un traitement standard de logopédie?"
D’après ce que j’ai pu constater, il me semble que les logopédistes, dans le cadre de la
dyslexie, mettent trop l’accent sur l’acquisition de chaque petite difficulté de la langue
écrite. La méthode Davis, par contre, montre au client comment utiliser sa façon de voir
les choses pour accéder à tout ce qui est écrit. Ceci vient tout simplement du fait que
M. Davis est lui-même très fortement dyslexique. C’est en décortiquant comment il s’était
appris à lire qu’il a développé la méthode.
Aussi, une grande partie du succès de la méthode est due à la façon dont elle est présentée.
En travaillant quatre jours d’affilée dans la partie principale du programme, le client a
le temps d’assimiler à son aise le principe de la méthode et de s’y entraîner. Cela lui
permet d’en comprendre la validité et c’est donc quelque chose qu’il veut faire plutôt que
quelque chose qu’on lui impose. Comme il y a tout de suite des résultats, le client est
encouragé à continuer à appliquer ce qu’il a appris.
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