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Conseils pour l’encadrement d’un élève dyslexique
Aux enseignants :
J’ai développé les conseils suivants suite aux histoires souvent accablantes de mes clients, jeunes et adultes, concernant leur vécu scolaire. Beaucoup d'enseignants n’ont pas été formés pour reconnaître la dyslexie et confondent les dyslexiques avec les élèves « lents ». Il faut se rappeler que la dyslexie se caractérise par
des difficultés inexpliquées d’apprentissage de la langue écrite, en particulier en lecture et en écriture, chez un enfant d’intelligence moyenne ou supérieure à la moyenne.
C’est en tant qu’ancien professeur de langue et de mathématiques, et dernièrement comme thérapeute de dyslexie que je propose ces conseils pour améliorer la communication entre le dyslexique et son professeur. Dans mes Propositions, j’ai voulu faire des suggestions pour différents aspects du travail et différents niveaux.
Conseils:
- Dans le cas où les parents vous auront signalé que leur enfant est dyslexique, essayez de faire ce que vous pouvez pour lui rendre la vie scolaire plus tolérable. Cela peut impliquer une attitude plus ouverte vis-à-vis de cet enfant, ou un petit changement dans votre façon de faire en classe en général.
Lecture à voix haute:
Comme la lecture à voix haute est une corvée étouffante pour un dyslexique, ce n’est pas en classe, entouré des ricanements de ses camarades, qu’il va apprendre à le faire. Cela ne pourra probablement se faire que par le biais de la lecture avec un membre de sa famille, du soutien scolaire, ou avec un orthophoniste.
Propositions:
- Lui dire à l’avance quel passage il devra lire pour qu’il puisse le préparer la veille.
- L’épargner complètement (en rendant la lecture facultative pour tout le monde mais rémunérée d’une note).
- Si cette lecture est absolument obligatoire, ne pas faire durer le supplice, sans pour autant le couper d’une façon désobligeante. Respectez l’effort fait. Autant que possible, être très sensible (en l’encourageant) à tout progrès éventuel, en particulier dans le cadre d’enfants qui ont du soutien scolaire.
Travail écrit, en classe et à la maison:
Se rappeler que tout travail écrit ou de lecture va demander beaucoup plus de temps pour les dyslexiques qui ne gèrent pas bien ces outils.
Propositions:
- Copier ce qui est au tableau est très difficile pour le dyslexique qui, de peur de faire une erreur, le fait lettre par lettre plutôt que mot par mot. Comme il n’est pas vraiment en train de suivre le sens de ce qu’il écrit, il perd régulièrement sa place avec les résultats qu’on peut prévoir. Il ne faut pas effacer le tableau trop vite (surtout lorsqu’il s’agit des devoirs pour le lendemain !).
- Un support dactylographié l’aidera en classe, et permettra aux parents de l’aider à la maison.
- Ne pas exiger qu’il recopie les énoncés ou les consignes, en particulier en maths. La référence de la page ou du numéro d’exercice devrait suffire.
- Conseiller au dyslexique de commencer les devoirs par ce qui demande de la réflexion et laisser la copie pour la fin.
- Vérifier, au début du temps de travail ou en donnant les devoirs, qu’il a bien compris ce qu’il faut faire.
- Le placer près d’un élève plus fort qui pourra l’aider ou vous appeler parce que les dyslexiques ont si honte de leurs difficultés qu’ils demandent rarement de l’aide. C’est aussi une façon d’intégrer plus l’enfant à la classe.
- Prendre des notes leur est aussi quasiment impossible. Songer à donner une copie dactylographiée du cours à l’élève si possible ou à lui proposer de faire la photocopie des notes d’un élève qui les réussit bien. De cette manière, le dyslexique pourra porter toute son attention sur ce qui se dit en classe et en assimiler une bonne partie sans le stress de l’écrit ni la peur de manquer quelque chose.
- L’autoriser à écrire au crayon. Vous voulez l’encourager à se relire, il faut donc qu’il puisse se corriger assez proprement.
- Se rappeler que l’essentiel est le travail lui-même et non sa propreté. La motricité fine de beaucoup de dyslexiques n’est pas bonne, et ils en sont parfaitement conscients. Des commentaires comme « Sale! ! » « Ecriture ! » écrits en gros et en rouge dans un cahier qu’ils utilisent tous les jours sont très dévalorisants. Le geste de jeter le travail d’un élève à la poubelle ou d’arracher la page d’un cahier, devant toute la classe, est inacceptable.
- Rester dans la perspective de l’enfant en comparant son travail uniquement à son propre travail antérieur. Etre conscient de toute amélioration et la lui signaler.
Les dictées :
Les dictées peuvent être un exercice utile pour les dyslexiques pour autant qu’ils puissent les préparer à l’avance (surtout pour les plus jeunes). Veiller à donner la dictée suffisamment de jours à l’avance pour que les plus faibles n’aient pas à trop ingurgiter par jour. Dans les classes plus grandes (où les dictées ne se préparent plus), après avoir lu la dictée à haute voix la première fois, avant de la dicter, proposer que les élèves vous racontent ce qui se passe dans le passage. Une compréhension accrue permettra peut-être aux enfants de savoir mieux couper les sons pour en faire de vrais mots. Les dyslexiques sont, en général, si terrorisés à l’idée d’une dictée qu’ils ont de la peine à distinguer les sons.
Propositions:
- Leur laisser plus de temps à la fin pour qu’ils puissent se relire.
- Leur dire d’indiquer jusqu’où ils ont pu se relire et noter ou baser les commentaires sur cette partie-là (même si la note doit porter sur le tout).
- Pour les corrections, essayer de se rappeler qu’ils ne font vraiment pas exprès de faire toutes ces fautes. Ne pas abuser du stylo rouge. Les gros points d’exclamation n’amusent guère les parents et sapent le moral de l’enfant.
- Pour le travail de correction, le copiage de mots n’est pas très utile pour les dyslexiques puisqu’ils le font généralement lettre par lettre sur le mot d’à côté qu’ils ne voient pas bien de toute façon. En plus, ce travail assez futile leur demande un temps inouï qu’ils ne peuvent plus mettre à faire leurs devoirs utiles. Limiter la quantité de fois qu’ils doivent copier un mot, et faire un choix des mots les plus importants, en visant plus l’orthographe qu’une forme verbale par exemple.
La dyslexie est réelle et touche 8 à 10% de la population scolaire.
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